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LÀ OÙ JE NE SUIS PAS
Introduction
Ce semblant absolu de la « figure » qu’on appelle «autoportrait», je le multiplie pour en saturer l’espace. La saturation est une forme d’enchantement, c’est le principe de séduction que je découvre dans le vertige baroque à mon arrivée en Europe. Dans cette saturation même, le portrait se vide de sa fonction distinctive, la «figure» efface ce qu’elle figure, elle dissout son autorité, elle tend à l’abstraction. Et c’est dans cette abstraction que je retrouve la soustraction et le vide qui sont le cœur du minimalisme japonais. Ici, c’est la saturation même qui est le véritable « autoportrait », c’est-à-dire l’espace de la transposition, de la disparition, de la mutation. Lutter contre l’«état des choses », aller contre «ce qui est», c’est sans doute là pour moi le sens de l’art. Être là où je ne pense pas être, disparaître là où je pense être, voilà l’important. ![]() Salle I
MARIÉES CÉLIBATAIRES. AUTOPORTRAITS
Au fond, ces images, qui aspirent à la monochromie, sont-elles autre chose que des monochromes ratés ? Cependant, je n’ignore pas combien le ratage est corrélé à la réussite, comme l’identité à l’altérité. Écoutez ce vers de John Lennon (en ouverture de I Am the Walrus) : I am he as you are he as you are me («Je suis lui comme tu es lui comme tu es moi »)… Prises de vue : Hasselblad, film diapositive 6 x 6, lumière tungstène Salle II
PEINTURES. AUTOPORTRAITS
Cette évocation de chefs d’œuvre des maîtres anciens, loin d’être une citation ou une imitation, loin de s’appuyer sur la ressemblance ou la vraisemblance, est seulement l’allusion rétroactive à un détail qui demeure, parfois à notre insu, dans le souvenir. Je pense souvent à ces peintures qui m’ont tellement marquée qu’elles ont décidé de mon destin. La pensée procède alors par élision : elle détache du tableau tel détail, elle privilégie tel élément plus ou moins caractéristique, elle identifie la peinture à tel trait formel auquel l’œuvre se réduit arbitrairement dans le souvenir. Prises de vue : Hassellad, film diapositive 6 x 6, lumière tungstène Salle III
PEINTURES PACO RABANNE. AUTOPORTRAITS
Cette transposition symbolique de chefs d’œuvre de l’histoire de l’art en de grandes toiles s’appuie sur le détournement du Patrimoine Paco Rabanne, qui a permis la réalisation de ce projet en me donnant libre accès aux archives rassemblant robes et accessoires des défilés haute couture des années 1965-2000. Cette nouvelle série de photographies bénéficie en outre du partenariat et soutien d’Olympus, qui accompagne mon passage au numérique. Pour la première fois, cette série «Paco Rabanne», riche de 82 photographies, est réalisée en prise de vue numérique. Prises de vue : Reflex numérique Olympus E-3 PUBLICATIONS
Là où je ne suis pas. Autoportrait, 2010, éditions Actes Sud, 208 pages
Where is Kimiko ? 2002-2010, DVD, réalisation CreativTV, 26 minutes There Where I Am Not, 2010, DVD, 30 minutes
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