Art
            Vita
          In situ 
Text     
 


37. NOTE SUR LES « PEINTURES. AUTOPORTRAITS » par Jean-Michel Ribettes – Exposition personnelle, Passage de Retz, Paris, 2010




On connaît et reconnaît les autoportraits quasi monochromes de Kimiko Yoshida, ces
photographies de grand format carré à la lumière subtile qui sont sa signature depuis 2001.
L’artiste, qui voit dans le monochrome une figure de l’infini, ne conçoit l’autoportrait que
comme disparition : entièrement conditionné par l’expérience de la transformation, son art développe une réflexion très contemporaine sur la servitude volontaire, les stéréotypes du
gender et les déterminismes de l’hérédité. « L’art est une délicate opération de
transposition, une lutte assidue contre l’état des choses. Être là où je ne pense pas être,
disparaître là où je pense être, voilà l’important. »

Sa nouvelle série de photographies, majestueux et indéchiffrables portraits conçus dans le
souvenir de l’histoire de l’art, s’intitule Peinture. Autoportrait. Cette transposition
symbolique des chefs d’oeuvres des maîtres anciens en de grands tirages sur toile s’appuie
pour l’essentiel sur le détournement des vêtements et accessoires haute couture signés Paco
Rabanne.

J.-M. R.